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MasterClasse de Musicalité

La musicalité est l’analyse d’une musique, de ses variations musicales. Appliquée à la danse, elle permet une adéquation entre les mouvements musicaux, et les mouvements du corps. C’est l’objectif de cette MasterClasse.

Il existe plusieurs niveaux de lecture d’une musique. Toutes les musiques n’ont pas le même degré de difficulté en termes de musicalité. Nous allons analyser ici les différents niveaux de lecture d’une musique.

Niveau 1 : Comprendre et identifier le rythme d’une musique

C’est le "beat", le tempo, les battements par minute (BPM). Danser "en rythme" correspond à faire se mouvoir son corps au rythme de la musique, en respectant le tempo, d’abord avec ses pieds, mais également avec son corps.
Pour reconnaître le tempo, il faut tendre l’oreille et écouter attentivement :

  • La batterie (pour les musiques instrumentales)
  • Les basses profondes (pour les musiques électroniques)
  • A défaut le déduire avec une écoute globale du morceau

Lorsque l’on danse au tempo, il faut bien distinguer les temps forts des temps faibles.
Les temps forts lancent le mouvement là où les temps faibles le continuent.
Les temps forts sont les temps impairs, les temps faibles sont les temps pairs.

Niveau 2 : Comprendre et identifier la structure globale d’une musique

L’avantage de nos jours est que la structure musicale usuelle est la même pour plus de 95% des morceaux : des mesures de 4 temps et une structure musicale identique :

  1. INTRO
  2. COUPLET
  3. REFRAIN
  4. COUPLET
  5. REFRAIN
  6. PONT
  7. REFRAIN
  8. REFRAIN
  9. OUTRO

L’objectif d’une telle décomposition d’un morceau est de mieux identifier la fin des couplets et des refrains, afin de marquer un accent dansant sur un temps fort de la musique. Ces temps forts correspondent au premier temps du phrasé suivant. Les phrasés sont constitués de 32 temps (4x8 temps), et on identifie 2 phrasés par couplet, 2 phrasés par refrain.

En comptant, cela nous donnerait ainsi : 3x8 temps, puis 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 |1| 2, 3, 4, etc.

C’est sur ce |1| que tout va se jouer, que le danseur va marquer l’accent pour que son interprétation dansante colle à la chanson, et qu’il ne se contente pas de danser au métronome.

Un accent peut être marqué par exemple avec un penché, un tombé, un ancrage, un freeze, une extension, etc. L’interprétation est libre du moment qu’elle est lisible visuellement et qu’elle matche avec la musique.

Les écarts entre la théorie et la pratique

  • La durée des intro et outro peut varier entre 0 et 64 temps.
  • Les couplets et les refrains durent très majoritairement 64 temps chacun.
  • Le pont peut varier énormément, entre 16 et 64 temps.
  • Des mesures supplémentaires de 4 à 32 temps peuvent se glisser en tant que liaison, entre les couplets et les refrains.

Niveau 3 : Saisir les accents musicaux réguliers et singuliers.

Voyons d’abord le détail des accents réguliers. La structure d’un couplet ou d’un refrain étant toujours la même, on retrouve les 2x32 temps dans chacun. Nous avons donc 2 accents de fin de phrasé (le |1| du début du phrasé suivant) qui, dans l’idéal, devraient être marqués.
Cependant il existe d’autres accents au sein d’un phrasé que l’on peut retrouver tous les 8 temps, sur le |1|. Ces accents sont dits mineurs, là où les accents de fin de phrasé sont dits majeurs.

On compte donc :
1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 |1| 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 |1| 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 |1| 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 |1| 2, 3, 4 etc.
Mineur Mineur Mineur MAJEUR

D'une manière générale, les accents majeurs sont à prioriser par rapport aux accents mineurs.

Les types d’accents réguliers

On peut retrouver plusieurs types d’accents réguliers :

  • Les crescendos
  • Les accords majeurs puissants
  • Les breaks
  • Les cuts suivis de drops

Parlons maintenant des accents singuliers.

La difficulté de l’exercice est due au fait que ces accents dépendent de chaque chanson. Ces accents singuliers sont, pour un danseur confirmé, ce qu’il va tenter de valoriser dans sa danse.
Ils peuvent prendre de nombreux aspects dont par exemple :

  • Une note unique et remarquable d’un instrument, qui tranche avec la mélodie
  • Un mot ou une onomatopée lancé par le chanteur ou la chanteuse
  • Une répétition rapide d’un rythme identifiable qui se distingue de la mélodie de base
  • Un ordre rappé en featuring (par exemple "put your hands up in the air")

Ces accents singuliers nécessitent souvent une première écoute ou une première danse "à blanc" pour les découvrir, les identifier, et dans un second temps tenter de les saisir à nouveau à l’écoute active tout en les marquant physiquement en dansant.

Niveau 4 : Variations de rythme et d’intensité

Certaines musiques, de fait plus difficiles à danser, possèdent des variations de rythme. Soit un rythme est tantôt à la noire, tantôt à la blanche, ce qui signifie que l’on a un battement tous les temps sur une partie de la musique, et un temps sur deux sur une autre partie de la musique.

Exemple : For Elise – Saint Motel

D’autres musiques ont une variation de BPM au sein même du morceau, avec une accélération ou une décélération (ou les deux).

Exemples : Pas de Boogie Woogie – Eddy Mitchell, La Menteuse – Carmen Maria Vega

Sur ce type de musiques, il faut rester vigilent après les accents majeurs de fin de phrasé, pour ressentir en temps réel si la musique s’intensifie, s’accélère, ou au contraire ralentit.

La difficulté inhérente à la musique sur laquelle on danse, contrairement aux accents réguliers ou singuliers, ne peut pas être ignorée, au risque de danser hors temps. Ce type de musiques est un excellent entraînement pour progresser.

Niveau 5 : Changer de ligne musicale de support de la danse

Cette section s’adresse aux danseurs les plus chevronnés. Afin de comprendre ce dont il s’agît, il faut posséder une oreille musicale suffisamment aguerrie pour déceler les lignes musicales qui composent une musique.

Une musique est jouée par plusieurs instruments, et potentiellement par une voix (chanteur, chanteuse). Dans un groupe de rock usuel, on distingue ainsi :

  • Une voix
  • Une guitare
  • Une basse
  • Une batterie

Chaque instrument joue sa propre partition, qui tantôt se cale sur le rythme des autres musiciens, tantôt s’en différencie.
Un très bon exemple de ligne de basse bien différenciée du reste est la chanson Seven Nation Army – White Stripes. Cette particularité se retrouve dans de nombreuses musiques. Libre alors au danseur de suivre la batterie, correspondant au BPM, ou la basse, marquant un rythme irrégulier.

Ce principe est applicable sur les musiques les plus compliquées, où le danseur peut jouer tout au long de la chanson, en passant d’une ligne d’instrument à l’autre, la voix étant une ligne d’instrument souvent privilégiée pour cet exercice.
Pour que ces lignes instrumentales aient un intérêt notoire, il faut que le rythme qu’elles marquent diffèrent du BPM de base. Mais rien ne garantit que ce rythme soit décomposable en 4 temps.

Par exemple pour la chanson Shape of You (Ed Sheeran), le rythme Croche pointée, Croche pointée, Croche ne compte que 3 temps.
Respecter ce rythme nécessite donc un réajustement de tous ses pas de danse.

Pour aller plus loin dans la musicalité, je vous propose les morceaux suivants par ordre de difficulté croissante, avec à côté les niveaux de lecture auxquels on peut se référer :

  • Boum Boum Boum – Mika (Niveaux 1 à 4 avec accents réguliers uniquement)
  • Sax – Fleur East (Niveaux 1 à 3 avec accents réguliers et singuliers)
  • Uptown Funk – Mark Ronson Ft Bruno Mars (Niveaux 1 à 3 avec accents surtout singuliers)
  • For Elise – Saint Motel (Niveaux 1 à 4 avec accents réguliers uniquement, et 5 pendant le pont)
  • Down – Marian Hill (Niveaux 4 et 5)
  • Roadgame – Kavinsky (Niveaux 3, 4 et 5)
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